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Switch & Co

Pourquoi des modèles ?

L'objectif

Nous avons vu dans la première partie de ce cours dans quels cas la gestion de la couleur est appliquée avec profit. L'objet de la gestion de la couleur est précisément l'aptitude à produire une épreuve contractuelle précise, qui garantit à l'imprimeur qu'il peut répondre aux attentes de ses clients.

Selon la génération de gestion de la couleur, le processus de réalisation de l'épreuve contractuelle n'est pas exactement le même :

Génération

Entrées

Sorties

1ère
(cf. partie II)

fichier de photogravure
conditions d'impression standard

résultat prédit (épreuve contractuelle)

2ème
(cf. partie III)

fichier de photogravure
conditions d'impression réelles

résultat prédit (épreuve contractuelle)

3ème
(cf. partie V)

résultat souhaité (cible)
contraintes de production

fichier de photogravure
résultat prédit (épreuve contractuelle)

Nous nous intéressons dans cette partie essentiellement à l'aspect colorimétrique de l'épreuve, à l'exclusion des autres aspects tels que la netteté ou la graisse des textes par exemple. Avec cette restriction, l'élément essentiel du processus est ce qu'on appelle le moteur de rendu colorimétrique ('color engine'), qui calcule à partir des entrées le résultat colorimétrique.

Il s'agit donc dans le cas général de faire correspondre à une recette (procédé, couches d'encres de formules et d'épaisseur données, support, etc.) une couleur.

La base théorique

En 1931, Kubelka et Munk ont fourni un modèle efficace pour prédire comment la couleur d'un objet est modifié par l'application d'une couche de peinture d'une composition et épaisseur spécifique [1].

[1] Paul Kubelka, Franz Munk: Ein Beitrag zur Optik der Farbanstriche. In: Zeitschrift für technische Physik. 12, 1931, S. 593-601.

L'approche sans modélisation

Cependant, afin d'utiliser la théorie de Kubelka et Munk pour l'épreuvage contractuel, c'est-à-dire pour prédire le résultat d'une impression industrielle, il fallait non seulement que les images fussent numériques, mais encore que l'on disposât de suffisamment de puissance de calcul, deux conditions qui n'ont été réunies que dans les dernières décénies.

Dans les années 1970, la commission internationale de l'éclairage (CIE) avait proposé des modèles colorimétriques efficaces pour des générateurs de lumière, tels que les téléviseurs, appelés modèles additifs, et a tenté d'utiliser une version mathématiquement opposée de ces modèles pour l'impression, qu'on a appelée le modèle soustractif. Cette approche s'est avérée assez faible pour calibrer l'impression selon un standard bien défini, "bien défini" s'entendant comme ayant une relation non ambiguë aux coordonnées CIE XYZ mesurées par les colorimètres.

En conséquence, les systèmes de gestion de la couleur tels que proposés par l'International Color Consortium (ICC) se mirent à utiliser des tables de correspondance ('Look Up Tables'), qui consistent essentiellement à échantillonner la conversion, et qui donc ne nécessitent pas de comprendre la physique sous-jacente.

L'apport des modèles

La méthode retenue par l'ICC qui s'appuie exclusivement sur des tables (LUT) présente deux inconvénients sérieux :

les grilles ne peuvent pas être utilisées lorsque le nombre d'encres qui se superposent est grand (supérieur à 4), ce qui peut être adapté pour des marchés comme le livre ou le magazine, mais est insuffisant pour le marché du packaging ;

comme le codage de la conversion ne tient pas compte de la physique, il est loin d'être optimal et nécessite un grand nombre d'échantillons pour produire des résultats acceptables, ce qui rend la méthode onéreuse et le système de gestion de la couleur difficile à maintenir.

Dans cette partie, nous proposons quelques modèles efficaces pour ce qu'on a coutume d'appeler le modèle soustractif, nous montrons qu'il sont plus proches de la théorie de Kubelka et Munk que du modèle additif de la CIE, et expliquons finalement comment ils peuvent être utilisés pour fournir un moteur de rendu précis et général pour la modélisation d'impression.

Les modèles proposés sont spectraux, parce qu'aucun résultat précis ne peut être obtenu avec seulement des coordonnées trichromatiques, telles que les valeurs L*a*b* ; avec seulement des coordonnées trichromatiques, nous manquerions d'information pour un calcul fiable des couleurs secondaires.

En particulier, nous montrons qu'il est possible de modéliser avec une bonne précision ‒ ΔCMC<2 sur la prédiction de toutes les combinaisons de couleurs dans le gamut du matériel d'impression ‒ une imprimante jet d'encre Epson CMJN (trame stochastique, encres à pigments) sur du papier couché (resin coated) avec seulement 9 mesures spectrales : le blanc du support, et les quatres primaires sur fond blanc et sur fond noir.

Tous les procédés d'impression sont également relativement précisément modélisé, avec une légère déformation liée à l'interraction encre-support, d'autant mieux que le procédé a une trame à points durs et que le support est de qualité inférieure (absorption des pigments, faible épaisseur d'encre).

Article publié ou mis à jour le 2015-05-16

Catégories : couleur

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