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La caractérisation des conditions d'impression

La base de la gestion de la couleur : la caractérisation des conditions d'impression

La caractérisation des conditions d'impression consiste à établir une fonction qui à une formule d'impression donnée fait correspondre une couleur. Par exemple, si on superpose 27% de cyan, 32% de magenta et 17% de jaune, quelle couleur obtient-on ? Il suffit pour cela d'imprimer dans le procédé étudié et de mesurer toutes les combinaisons possibles (en pratique un grand nombre de mesures avec des règles d'interpolation bien choisies ou un nombre plus raisonnable de mesures si le procédé a été modélisé). C'est la caractérisation qui permet, au prix d'algorithmes d'inversion sophistiqués, de faire une séparation optimisée en partant d'un fichier où la couleur serait définie en chaque point.

Au risque d'enfoncer une porte ouverte : si l'on impose une séparation à un imprimeur, il y a autant de résultats possibles qu'il y a de nombre de papiers (si on se limite aux supports de type papier qui intéressent principalement les gens qui se rendent aux conférence de l'ATIP) multiplié par le nombre de procédés, et cela en supposant que tout le monde utilise les mêmes encres.

Certains ont voulu croire qu'on pouvait figer des conditions standard, et par des techniques de réglages machines retomber sur le résultat escompté même si les conditions réelles d'impression différaient des conditions standard. Cela a débouché sur les recettes ISO 12647, qui ont eu le mérite d'homogénéiser un tant soit peu les résultats imprimés en offset et en quadri d'un imprimeur à l'autre, à condition de rester dans des conditions très proches du standard édicté, mais qui sont inapplicables dans le cas général.

La caractérisation des conditions est d'autant plus coûteuse pour l'imprimeur qu'il a de conditions différentes, et c'est ce qui différencie le procédé dit traditionnel, dans lequel on s'autorise un grand nombre de support et de combinaisons d'encres, du procédé numérique dont les groupes sont généralement fixés, et les supports imprimables plus limités. C'est pourquoi beaucoup d'imprimeurs s'orientent maintenant vers ce qu'on appelle la multichromie, qui revient à transformer le procédé industriel "traditionnel" en procédé industriel numérique du point de vue traitement prépresse.

Une opportunité pour les fabricants de supports

La gestion de la couleur nécessite des ressources que n'ont pas toujours les petites structures (niveau ingénieur). Les fabricants d'encre se sont attelés à proposer indirectement le service de caractérisation de leurs encres, informations relayées par les vendeurs de nuanciers et les éditeurs de logiciels. Le problème, c'est qu'avec la caractérisation de l'encre, faite sur un support (ou un type de support) donné, l'imprimeur ne sait pas quel sera le comportement sur le support qu'il utilise lors de sa production, et donc la séparation qu'il doit opérer. Il n'est donc pas dispensé de caractériser ses conditions d'impression.

Or il se trouve qu'une encre d'imprimerie se modélise relativement bien, par la donnée de deux ou trois paramètres: la courbe spectrale¹, le broyage ou la taille des particules (dans le cas des pigments) et le liant.

D'autre part, la simplification induite par un retour des flux additifs (type RVB) et la mise en place de procédés multichromie font que seule une dizaine d'encres monopigmentaires doit être caractérisée pour un support prévu et pour un procédé donné.

À l'inverse, la caractérisation du support du point de vue du rendu colorimétrique final reste un sujet intéressant mais fort complexe, et il existe presqu'autant de comportements qu'il y a de nombre de papiers que multiplie le nombre de procédé pour un set d'encres donné.

→ voir travaux de Paperdam et norme ISO 15397 uniquement sur la couleur du support

→ exemples de comportements différents de supports toutes choses étant égales par ailleurs

On notera qu'au contraire du cas des encres, il n'existe aucune norme, aucun contrôle pertinent pour la colorimétrie de l'imprimé, concernant les supports.

Le papetier maîtrise les caractéristiques techniques du support qu'il fabrique.

Conclusion

Les fabricants d'encres essayent de fournir des solutions clé en main aux imprimeurs, mais cela reste inefficace parce que le papier est très difficile à modéliser. Il serait judicieux que ce soient les papetiers ou plus généralement les fabricants de supports qui proposent à leur clients le "profil" de leur produit.

¹ s'obtient facilement par le dépôt d'un film d'encre d'épaisseur maîtrisée sur un papier "resine coated" ayant une influence quasi nulle dans la réflexion (permet de caractériser le comportement de l'encre seule).

Article publié ou mis à jour le 2015-07-18

Catégories : couleur

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