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Bitmap vs PDF

Pourquoi échanger des fichiers bitmap ?

Comprendre le fonctionnement d'une application graphique

Une application graphique est un système à trois étages : en interne, le document est codé sous forme d'une série d'instructions propres à l'application (un paragraphe, un histogramme, etc). Pour pouvoir afficher le document, l'application traduit ces instructions en une série d'instructions graphiques (dessiner un rectangle, écrite une ligne de texte, etc). Le moteur graphique de l'ordinateur interprète enfin ces instructions pour produire l'image qui sera affichée à l'écran.

Les choses se compliquent

Supposons maintenant que nous désirions imprimer, ou afficher le contenu du document sur un autre poste de travail. La question qui se pose immédiatement est : sous quelle forme communiquer le document à l'imprimante ou à l'autre poste de travail ?

Première solution : communiquer le document au format natif de l'application

C'est la solution la plus simple, mais elle suppose que le destinataire dispose de la même application, dans la même version, mais aussi souvent dans les systèmes actuels devenus extrêmement complexes du même système d'exploitation, des même drivers graphiques, et même des mêmes paramètres de configuration, ce qui est de moins en moins applicable.

Seconde solution : communiquer le document à un format vectoriel standard

C'est ce qui s'est fait historiquement sur les imprimantes laser via le format PostScript, et se fait souvent pour communiquer le document via Internet, sous la forme d'un fichier PDF ou SVG. Le problème dans cette configuration est double : d'une part, il faut traduire les instructions graphiques du système graphique choisi par l'application en une série d'instructions graphiques dans le langage vectoriel du format d'échange choisi. Cette opération est aussi difficile et approximative que la traduction d'un texte d'une langue à une autre. D'autre part, il faut que le système de destination (imprimante ou poste de travail) interprète le fichier vectoriel échangé de la même manière, ce qui ramène aux mêmes problèmes qu'avec la première solution.

Troisième solution : communiquer le document à un format bitmap

par exemple PNG ou JPEG. Avantage : la fiabilité. Inconvénient : le poids du fichier plus important et le fait que les formats de fichiers et logiciels actuels ne sont pas optimisés pour le traitement d'images bitmap très haute résolution.

Le sens de l'histoire

Aujourd'hui, c'est l'innovation, la nouveauté, qui fait vendre, pas l'augmentation de fiabilité. De plus, l'arrivée de nouveaux puissants formats graphiques tels OpenGL et DirectX pour la 3D, SVG pour la 2D, on fractionné le marché au détriment du modèle dominant historique qu'était PostScript / PDF¹, si bien que l'on ne peut pas espérer une fiabilisation du modèle de transmission à un format vectoriel à court ou moyen terme.

La voie à suivre est donc double : d'une part l'utilisation du format standard existant PNG à des résolutions de 300 ou 600 dpi tout à fait satisfaisantes pour l'impression, ce que permet la grande puissance de calcul brute des machines modernes² ; d'autre part la mise en place d'un format PNG étendu, rétrocompatible avec PNG, permettant de traiter parfaitement les quelques points pour lesquels PNG est encore un peu limité (résolution de 2400 dpi, espace des couleurs étendu, documents multicouches pour permettre d'optimiser le repérage).

C'est déjà en marche

Le fait d'utiliser un format bitmap pour les échanges permet à chaque application de choisir le moteur graphique qui lui convient le mieux puisque les problèmes de traduction sont éliminés. Dans le même temps, on assiste à une transformation de l'architecture graphique des ordinateurs qui rend cette approche techniquement possible. En effet, la carte graphique n'est plus dédiée à l'implémentation du moteur graphique unique du système d'exploitation, et donc plus ou moins rigide dans le temps à cause des problèmes de rétrocompatibilité, mais devient un coprocesseur spécialisé, et le système d'exploitation ne défini plus que les règles de partage des ressources de la carte graphique. On peut alors avoir de multiples moteurs graphiques cohabitant dans une même machine, et de ce fait augmenter la fiabilité puisque l'application peut utiliser le moteur dont elle a besoin, au lieu de faire un compromis avec le moteur imposé. C'est la vision développée dans le cade du projet Wayland, complémentaire de la vision ici proposée de l'informatique graphique associée à l'impression.
Avec cette architecture, on a enfin pour une application donnée un seul et même moteur graphique qui effectue à l'identique les trois grandes opérations : afficher, imprimer, transmettre. D'où la fiabilité.

¹ PDF lui même s'est fractionné entre la version orientée carte graphique que l'on trouve dans Mac OS et la version orientée impression que l'on trouve dans Illustrator et Acrobat

² C'est ce qui se fait sur de nombreuses plateformes de commande d'impression (cartes de visites, flyers) via Internet.

Article publié ou mis à jour le 2015-08-04

Catégories : couleur
informatique

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