/

Ingénieur, entrepreneur, analyste process, coach en organisation et stratégie numérique
Cofondateur de Copliant - Associé Switch and Co

Copliant

Switch & Co

Écarts colorimétriques

Importance de l'environnement

Qu'est-ce qu'un écart colorimétrique ?

Une couleur peut être représentée par des coordonnées trichromatiques, et peut donc être représentée comme un point dans l'espace aux trois dimensions correspondant. Un écart colorimétrique est une mesure de la distance qui sépare les deux points, éventuellement pondérée par d'autres aspects pour tenir compte de la sensibilité de l'œil par exemple, et fournir ainsi une mesure plus représentative de la perception moyenne humaine.

Ecarts absolus, écarts relatifs

L'écart absolu est calculé à partir des coordonnées absolues des deux couleurs comparées.

L'écart relatif est calculé à partir de coordonnées corrigées par rapport au "blanc" du support.

Dans les industries graphiques, il est généralement beaucoup plus pertinent de travailler avec une mesure d'écart relatif. En effet, supposons que l'on élabore un visuel sur un papier blanc couché de bonne qualité, avec un degré de blancheur élevé, et que l'impression se fasse industriellement sur un support de blancheur significativement différente. Il est beaucoup plus important de conserver l'équilibre de l'image (qui comporte éventuellement des zones de "blanc") et que l'impression visuelle semble identique, que d'avoir une correspondance parfaite couleur par couleur d'un support à l'autre (impossible à obtenir avec des couleurs claires qui subiront inéluctablement la "dominante" du support). Il ne faut pas oublier que dans la plupart des procédés industriels d'impression, les encres se comportent comme des filtres transparents (les encres opaques sont plus rares - encres métalliques par exemple - et leur opacité variable).

Dans certain cas, l'écart absolu sera plus important : respect de la couleur d'un logo ou d'un aplat, sur des produits imprimés sur des supports différents.

Quel que soit le choix, il est important d'en être conscient et de rester cohérent si l'on veut obtenir des résultats concluants.

Ca(λ)=R100(λ)/S(λ) ; Cr(λ)=R100(λ)/R0(λ)

Les principaux écarts colorimétriques utilisés dans les industries graphiques

CIELab

CMC

Quelle est la différence entre le ΔE* CIELab et la distance CMC que nous préconisons ?

Le ΔE* a été mis au point par la CIE en 1976, et c'est une simple distance dans l'espace CIELAB (L*a*b*) :

ΔE* = [(ΔL*)^2+(Δa*)^2+(Δb*)^2]^1/2

Le problème de cette formule, c'est que la perception visuelle de l'écart est mal représentée dans un espace euclidien ; les ellipsoïdes représentant les couleurs indissociables dans cet espace ont des volumes très différents en fonction du centre choisi.

Le 'Colour Measurement Committee' a donc mis au point en 1986 une formule plus complexe qui présente une bien meilleure corrélation que la formule CIE 1976 pour les petites différences de couleur. Le principe est de ramener tous les ellipsoïdes à un même volume unitaire.

Comme vous pouvez le voir ci-dessous, la formule présente 2 paramètres l et c permettant de donner plus de poids à la luminosité ou au chroma. Le CMC(2:1) a longtemps été le plus utilisé comme critère d'acceptation, surtout dans les industries textiles, mais l'expérience nous a amené à préférer le CMC(1:1) qui est bien meilleur pour les petits écarts (et il semble que l'on préfère 'sacrifier' la luminosité à la teinte dans le packaging). Pour plus de détails sur le choix des paramètres, il faut aussi intégrer les contraintes liées au traitement numérique (problèmes de convergence).

CMC(l:c) = [(ΔL*/lSL)^2+(ΔC*/cSC)^2+(ΔH*/SH)^2]^1/2

SL = 0.040975L*/(1 + 0.01765L*) sauf si L* < 16 et alors SL = 0.511
SC = 0.0638C*/(1 + 0.0131C*) + 0.638
SH = (fT + 1 - f)SC

f = {(C*)^4/[(C*)^4 + 1900]}^1/2
et
T = 0.36 + |0.4cos(h + 35)|
sauf si h est compris entre 164° et 345° et alors
T = 0.56 + |0.2cos(h + 168)|.

Pour être complet, la CIE a proposé d'autres formules depuis, comme le CIE 1994 qui n'apporte pas d'amélioration par rapport au CMC, et le CIEDE2000, plus complexe et qui pose des problèmes de convergence pour les simulateurs numériques. Pour y regarder de plus près :

Article de Gaurav Sharma
     Department of Electrical and Computer Engineering
     University of Rochester

En conclusion, le CIE 1976 est à éviter car une même valeur d'écart peut signifier un résultat très différent visuellement selon la zone de l'espace des couleurs dans laquelle on se situe. Le CMC est loin d'être parfait, mais c'est ce qu'on fait de mieux (ou de moins mauvais) à l'heure actuelle. Tous les papiers que j'ai vu qui le comparent à ses successeurs n'arrivent pas vraiment à trancher.

Proposition d'amélioration

L'écart CMC devient "faux" pour les valeurs les plus sombres (probablement parce que les ellipses de MacAdam ont été réalisées sur fond noir). Il pourrait être judicieux d'envisager une correction du CMC par une courbe de luminosité...

Comment évaluer un écart colorimétrique ?

Si l'on dispose d'un simulateur basé sur un écart colorimétrique, on peut imprimer les 700 pantones successivement avec les deux formules et faire choisir à un nombre d'observateurs significatif quelle est celui qui la simule au mieux (idée à creuser).

Avec une bonne culture mathématique on peut se faire une idée à "la gueule" de la formule...

Article publié ou mis à jour le 2015-05-10

Catégories : couleur

Une réaction ?

0 commentaires

Votre nom :

Votre e-mail : (non publié)

Commentaire :

Commentaires